Prologue

Cela fait 2 jours que je zone sur le site de Serre-Chevalier. La veille j’ai fait un plouf lamentable depuis le col du Granon. Ce matin, re belote depuis le grand Aréa… j’enrage de ne pas comprendre comment marche ce site. Pourtant les locaux m’ont donné beaucoup d’info, ils ont volé à chaque fois avant moi en arrivant à tenir un bon peu… mais ce n’est pas un site d’aérologie facile et je n’arrive pas à trouver mes marques.
Je décolle à nouveau du col du Granon en ce 15 août 2002 à 15 heure. Et là… Miracle! ça marche. J’arrive enfin à trouver la pompe à couillon. En fait de pompe à couillon, le site est balayé par 2 vents de vallée : Un qui remonte la Durance, l’autre qui saute par-dessus le col du Lautaret. Ça monte à la confluence des deux. La théorie n’est pas difficile mais … il y a un mais ! Mais il faut impérativement ne pas chercher à exploiter les pauvres bullettes que l’ont peut croiser ailleurs : elles ont été arrachées par l’un des deux vents et sont trop petites pour faire quoi que ce soit si ce n’est désorganiser l’air et orienter le vol vers la case “plouf assuré”.
Donc ça y est, je monte, je commence à prendre un sacré altitude mais… mais mon GPS est éteint… je le rallume pour avoir une trace de cette ascension… il s’éteint à nouveau au bout de 5 minutes. A un point haut, je le rallume encore pour qu’il mémorise mon altitude : 4516m…
Depuis le début du vol j’étais seul… mais voilà qu’à cette altitude, je me mets à croiser des planeurs. Une quantité de planeur phénoménale… pour sûr, ils connaissent le coin et cette ascendance magique !
J’ai une banane d’enfer… mais je suis glacé givré… je vais me poser, content d’avoir enfin dompté cette vallée.
J’ai passé ma soirée à bricoler mon GPS pour qu’il marche…

En route pour l’exploit

Lebelle pompe lendemain, je me suis bien préparé : en plus du jean et du sweat, j’ai une polaire et la combinaison de vol…. Ça fait un peu chaud en ce 16 août… mais je ne suis pas encore en l’air ! J’aligne l’altitude du vario sur celle du GPS : 2200m
13:48… décollage du col du Granon. Quand je décolle, il y a du monde qui gratouille sous l’Aréa. Ce coup-ci j’ai tellement bien compris comment marchaient les 2 brises de vallée que c’est moi qui montre aux locaux où est l’ascendance… chuis un peu content de moi sur ce coup là !
Et ça monte… je suis parti bas (1973m sur la trace GPS) mais ça remonte vraiment bien. A un moment je crois perdre l’ascenseur, puis le retrouve. Les autres sont essentiellement des bi commerciaux ou des stagiaires école… ils ont joué un peu avec moi puis sont allé se poser à Villeuneuve. Je continue mon ascension … jusqu’à 4500m d’altitude.
En fait, je lorgne mon altitude sur le petit cadran du GPS parce que je m’aperçois que le vario prend une sacré dérive lors de ma montée : à 4500, mon vario dépasse à peine les 4000m.
Comme la veille, en approchant les 3500, on renoue avec la “civilisation”… enfin je suis seul parapente au milieu de quelques planeurs.
Un peu moins que la veille… mais il fait encore sacrément froid à cette altitude. Je suis largement plus couvert… et je suis content d’avoir transpiré tout à l’heure au décollage.

Petite Ballade

Je pars en direction du col du Lautaret avec espoir de me faire une petite ballade. Je ne trouve rien d’exploitable sur mon chemin. c’est un vol de finesse, tranquile…
Il suffit de laisser l’aile avancer, profiter des écrins à ma gauche, de la vallée en bas avec tous ces touristes au chaud, ces fous qui tranpirent voire qui en rajoutent pour transpirer (attaquer le col du lautaret en vélo… faut pas aimer la santé )
Je décide de faire demi-tour à l’Alpe du Lauzet car je juge que j’ai perdu suffisament de gaz et j’aimerai ne pas me vacher n’importe où… et puis aujourd’hui… ce petit allé d’une 20e de kilometre était pleinement justifé et je ne regrette pas mon choix.
Le vent m’aide sacrément bien à revenir jusqu’à Villeneuve où j’arrive quand même un peu bas. Je me la joue appui dynamique, profitant du relief et du vent pour me maintenir voir gagner quelques mètres. Je trouve une petite zone ascendante qui déclenche dans une combe sous le vent. Elle me permet de gagner quelques mètres supplémentaires et je file là vers où je pense que la zone de confluence a dû dériver au cours de l’après midi.

Voir la carte 3D de cette 1e partie de volcarte 3D

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