Préliminaires

Je m’intéresse à tout ce qui touche l’aérien depuis tout petit. J’ai passé ma jeunesse sur les bords d’un aérodrome, mes vacances à faire des pleins d’avion (ahhh les douches au kérosène, ahhhhhh la recherche de la fourche de train avant pour pousser tel avion …). Bien sur j’ai fait plein de maquettes. Puis j’ai détruit mes maquettes et avec les pièces j’ai reconstruits d’autres avions imaginaires mais sur lesquels j’ai appliqués des concepts techniques précis.

Débuts

Un jour de fin d’été 94 ou 95, dans les couloirs de la banque où j’étais en mission, je croise un copain qui rentrait de vacance.

  • tu viens d’où ?
  • je viens de faire un stage de parapente

et là, le déclic : je sais immédiatement que ce sera ma prochaine passion. Rendez-vous pris pour un stage fin septembre dans la même école.

Ensuite retour à la vie parisienne : trouver un moyen de voler ! J’enchaine des vols en plaine de brie à la belle idée. mais le treuillé ça revient cher, c’est ingrat (longue file d’attente, très peu de gaz pour explorer …) Je m’inscrit dans le club d’une boite d’informatique pour partager leurs sorties dont la dernière se passe assez mal (1 cheville + 1 voiture) mais dans une bonne ambiance. Puis, dans la foulée, déménagement sur Lyon, ça se passe au printemps ’97.

Re débuts

Et là, je trouve un autre club, le club qui va vraiment m’apprendre à voler. Avant, en plaine, je croyais savoir voler. Je commençais à tâter du vol de durée. Mais dans les montagnes, je me sent nu, moins que débutant. C’est un milieu que je ne connais pas, que je ne comprends pas. Le club (enfin les 2 membre moteurs) font tout pour que les jeunot puissent progresser : partir tôt le matin puis nous leur faisons la rot’ en milieu de journée puis vol du soir. Au passage je me suis fait fourguer une aile un poil trop “haut niveau” par rapport à mon mental (la fidji), mais je vais (assez) vite comprendre comment elle marche.

Les trois mousquetaires

Au seing du club, je trouve deux copains. Nous avons à peu près le me niveau. Nous volons tout le temps ensemble. Nous sortons quasiment tous les week-end et notre inexpérience nous fait faire quelques journées “camion” où nous enchaînons le tour des massifs à la recherche d’un site qui pourra voler. Je passe d’une toute petite 30e de vols par an à une bonne centaine.

L’inconvénient d’être lyonnais c’est qu’il faut prendre la voiture y compris pour voir si ça vole.. l’avantage c’est qu’on peut varier les plaisirs. Souvent nous sommes seuls, juste nos trois, sur des déco inattendus. trois à confronter nos analyses, trois dans une bonne humeur régulière, même quand ça ne vole pas; parfois quatre quand d’autres se joignent à nous (Florence, le prez’…) mais le noyau c’est trois. C’est à quasiment trois que nous faisons nos début en cross (jeumeu avait commencé légèrement avant nous). c’est à trois que nous improvisions nos premiers grands cross (traversée des bauges puis le tour ) la Belledonne … il fauit dire qu’à l’époque internet n’est pas encore la superbe base de donnée de vols qu’elle représente aujourd’hui.

à ce stade il faut peut être que je vous détaille un peu mieux mes compagnons

Jeumeu

Il avait un poil plus d’expérience que nous. c’est un pilote très technique .. mais largement trop impatient … surtout incapable d’attendre qu’un site se mette en place, il va vouloir sauter das la voiture pour tenter un autre site. Sa technicité lui a permis de piloter des ailes pointue avant que je ne le puisse. Il a réussi à me rejoindre à force de ténacité en enroulant en plein après midi sur des faces Est où son impatience l’aura jeté en dépis de l’heure.

l’Marco

pffff comment le décrire ? d’humeur assez changeante il peut être un jour un très bon pilote (bien meilleur que moi en tout cas) et le lendemain il pourra simplement refuser de voler. Il peut rester des heures sur un déco à causer avec une nana voire être volontaire pour faire les rot’ et récup’ tout comme je peux très bien avoir du mal à le suivre, lui en bandit (aile standard) et moi en bonanza (aile perf).

Ma pomme

Largement moins bon techniquement que Jeumeu, je compense par mes tactiques de vol. J’ai une bonne sensation des lieux et de leur rendement. Je reste un pilote très frileux qui met du temps à avoir confiance. sur un site nouveau, il peut me falloir plusieurs vols avant de partir en cross. En revanche, une fois la prise de confiance activée, elle va jusqu’au delà des limites. Il m’arrive de braver les éléments par excès de confiance. J’ai tendance à trop intellectualiser le vol. Hors la moitié du vol est dû aux sensations. Mon gros défaut est -parfois-  de ne pas faire confiance en mes sensations et d’essayer d’analyser physiquement. Quand je ne me bride pas, quand j’ai confiance en mes sensations, l’intellect vient en support et permet d’aller plus loin. mais quand le ciboulot prende le dessus, il applique des recettes de cuisines … et ça, ça ne marche pas en parapente.

la performance … en solo

Donc nous étions trois mousquetaires … pendant une dizaine d’année. Puis nos objectifs nous ont séparés; Pour ma part, je voulais faire du cross (de la distance en parapente). Dans les moyens en rapport avec mes objectifs, j’étais capable de me lever très tôt pour aller sur un site du matin. En revanche j’acceptais de moins de moins de perdre une matinée à choisir un site au mac’do (notre QG de rendez-vous) pour finir sur un site d’après midi, ayant perdu une demi journée de cross.

Je me mets à voler de plus en plus souvent seul ou avec des compagnons de fortune (je veux dire que ce sont des compagnons de vols pour le vol du jour). Je peux développer mes envies d’aller à droite ou à gauche selon mon instinct. J’improvise alors de beaux trajets parfois en m’appuyant sur des rencontres opportunes ( mon premier retour en train ), avec des locaux ( the race ) mais très souvent seul en l’air et en improvisant des trajets une fois en l’air ( aller vers Gap )

Maintenant

Suite à des évènements personnels, je ne vole presque plus (25-30 vols par an). Chaque vol est un vol de reprise ( le chat noir est mort ). Cela ne m’empêche pas, une fois de temps en temps de faire un joli bout de cross ( ballade dans les bauges ).

Comme je dis tous les ans depuis 3 ans : cette année je m’y remets  Wink